Eschatologie Apocalypse
Chrétienne
Orthodoxe
les impostures de l'Histoire
Métapolitique
Mystique politique
Historiosophie
faux prophète bête de la terre
*
NOUVEAUTE
photo couverture impossible à afficher : scan défaillant
Jacques Perrin
Comme une nouvelle
annoncée à l'âme
plus claire que le soleil

Essai-Récit Mystique
au IIIe s. ap. JC
Troisième Noeud
tome V
Cahiers Résurgences
A l'épilogue du IIIème Noeud, tome IV, nous avons quitté la prophétesse Rachel en mai 224. C'est en Syrie que nous la retrouvons ce même mois de mai 224 où le renversement des arsacides parthes par les Sassanides perses, s'il se confirme bien, n'empêche pas la princesse arsacide Chiraz d'espérer encore après la fortune du sort. Une découverte mystérieuse étonnante va lui sembler répondre à ses espoirs politiques. La princesse s'y hasardera à des conjectures dignes d'époques fabuleuses, entraînant son amie Rachel à la poursuite d'un chimérique Graal géopolitique. (suite page Cantique des Cantiques...)
- Quelques articles de Jacques Perrin, des numéros précédents :
Cherchez la REVOLUTION BEATITUDES
le reste POLITIQUE s'offrira en plus
********************************CONFERENCE*****MYSTIQUE*********************************
Berdiaev Orthodoxes marxistes
et vs
Maritain libéraux maurrassiens
la Quatrième Voie vs les trois tentations
politiques de l'antechrist
Conférences Mystiques de l'ESSAYISTE ORTHODOXE Jacques PERRIN
Suite en 2026 des conférences de 2025
renseignements pratiques, indications en page d'accueil, partie conférences - voir, entre autres, articles sur cette page,
en particulier "Berdiaev, Marx, Maurras, Beat Generation, etc."
pour René Guénon, voir aussi article sur l'illuminisme sur cette page, sur la page Cantique... éventuellement, et celui sur la page Voie Mystique...
Conférences mystiques eschatologiques
essayiste Jacques Perrin
de Syrie en PROVENCE
voir page d'accueil
la contemplation selon St Faustus de Riez-la-Romaine
et l'onction royale de Clovis
*****
POLEMIQUES ESCHATOLOGIQUES
HISTORIQUES
Autres analyses sur la page d'accueil et la page 1
et sur les pages du site www.la-communion-antimondialiste.fr
de l'islamo-droitisme à l'ukraino-atlantisme
En rapport avec un projet de conférence sur le Graal au IXe siècle, voir § conférence de la page d'accueil, Voie Mystique...
LE SOLEIL D'ALLAH AVEUGLE L'OCCIDENT, L'Age d'Homme ed., Général Pierre-Marie Gallois, 1995
Ce fut le titre d'un ouvrage qui compta à l'époque pour dénoncer l'intrusion-invasion de l'islamisme en Europe par la Yougoslavie e sous la responsabilité et l'appui de la politique américaine des Clinton et consorts. Quelle fut l'attitude de la droite française à l'époque, celle qui se pose en dénonciatrice de la pénétration de l'islamisme ? Comme toujours la passivité et la soumission à l'Amérique, sinon même la stupide approbation. Il y eut heureusement le Général Gallois et un certain d'officiers français qui démissionnèrent à cette occasion pour dénoncer la participation française à l'agression américaine et ainsi sauver l'honneur mais il y eut d'autres généraux pour l'approuver. On en voit le résultat à présent. Votre serviteur se fit montrer du doigt pour avoir parlé de "crime rituel contre la Serbie" (voir page Témoignages... dans les recensions). Une équipe se leva, Balkans Info, en compagnie de l'Eglise Orthodoxe Serbe, avec l'écrivain d'origine russe Vladimir Volkoff ; le périodique L'Action Française 2000 et quelques autres participèrent à ce combat. Mais la plupart des militaires français suivirent, ainsi que la droite chicaro-balladurienne. A gauche, par contre, il y eut des communistes et Jean-Pierre Chevènement pour regimber.
Et comment a débuté cette guerre de Yougoslavie ? Les provocations de la Croatie, soutenues par l'Allemagne et le Vatican n'ont-elles point joué leur rôle, clin d'oeil aux anciens Oustachis ? Sur la quatrième de couverture de son ouvrage, le Général Gallois posait aussi une autre question : "Par son intervention dans les Balkans, l'Amérique cherche-t-elle à faire oublier que la majorité des populations musulmanes la tiennent pour le Grand Satan, l'AMIE d'ISRAËL ?"
Le Général Gallois ne relève-t-il pas dans son ouvrage à propos des Américains leurs déclarations : "les Etats-Unis sont une puissance européenne... que "chaque fois qu'ils se retirent d'Europe, des troubles éclatent qui les obligent à y retourner".
Qu'est-ce à dire si on s'en rapporte à la situation dans le Donbass et en Ukraine ce mois de février 2022 ? Eh bien, que l'Amérique pousse les Européens à chasser la Russie, vraie puissance européenne, comme dans le Haut Moyen Age la papauté poussa, par l'intermédiaire des Francs puis des Saxons, les Romains d'Occident à se séparer des Romains d'Orient, leurs frères en christianisme et romanité ; comme la papauté persécuta les apôtres Cyrille et Méthode pour l'usage de la langue slave dans la vie chrétienne des peuples slaves ; comme la papauté persécuta les chrétiens russes par l'intermédiaire des chevaliers teutoniques ou comme elle poussa à une croisade violente contre l'Occitanie. *****
la PAPAUTE vs l'ONCTION ROYALE de CLOVIS
ERREURS catho-INTEGRISTES
23/08/2023
Vérifiant quelque chose à propos de St Faustus de Riez-la-Romaine, nous tombons curieusement sur une semble-t-il conférence d'un dénommé Hilaire de Crémiers qui n'est autre qu'un ancien frère de la communauté de feu l'abbé Georges de Nantes située à St-Parres-les Vaudes (10). L'étude-conférence est intitulée "Naissance d'une nation, Clovis et les principes fondateurs de l'identité française".
Comme nous pensons aimer notre pays et son histoire tout autant qu'Hilaire de Crémiers, nous nous permettrons de faire remarquer que si nous partageons en partie tendresse et admiration pour l'histoire de Clovis, nous pensons que l'exaltation de l'histoire de Clovis sera d'autant plus belle et bonne qu'elle sera aussi plus juste.
Hilaire de Crémiers considère que dans les années 490, décennie du baptême de Clovis, l'ensemble des autorités et populations était depuis fort longtemps, plusieurs décennies, acquis à la disparition de l'empire romain et à son remplacement par les Francs, indemnes de l'hérésie arienne. Il exalte à ce titre le rôle de Sidoine Apollinaire. Il semble oublier cependant qu'en 477, après la déposition du dernier empereur romain Romulus Augustule, l'assemblée des dernières députations gallo-romaines libres d'occupation barbare, c'est-à-dire le Midi, était tellement acquise au remplacement par les Francs qu'elle s'est empressée de demander (avec Sidoine Apollinaire) à Constantinople de rétablir l'empire d'Occident, cette fois-ci en Arles, avec Julius Nepos comme empereur. Malheureusement, des vicissitudes politiques et militaires ont empêché ce projet d'aboutir. Crémiers oublie également qu'à la même époque de la conversion de Clovis, le royaume burgonde lui aussi était converti au christianisme orthodoxe. Ce seront les fils de Clovis, sous une mère, Clotilde, qui aura probablement fermé les yeux, qui massacreront en 524 le roi Sigismond et toute sa famille en les jetant au fond d'un puits à Coulmiers. Présenter les Francs comme les seuls tenants de l'Orthodoxie n'est donc pas très juste.
Hilaire de Crémiers, comme d'autres en étudiant l'Histoire, attribue au passé ce qui n'est advenu que plus tard. On le voit quand il évoque très succinctement, il est vrai, le rôle de l'archevêque de Reims Hincmar au IXe siècle. D'après son récit, on pourrait avoir l'impression que ce bon archevêque n'a pas vraiment ajouté grand chose et que la France, fille aînée de la papauté en quelque sorte, ne faisait que poursuivre avec lui une aventure réglée depuis plusieurs siècles.
Que nenni ! Crémiers devrait se souvenir de son maître, l'abbé de Nantes qui, dans la CRC n° 198 (mars 1984), parle de la vocation de la France et de sa monarchie. Papiste s'il en fut, l'abbé a quand même l'honnêteté de reconnaître qu'entre la papauté et l'onction des lys, ce n'était peut-être pas tout à fait aussi rose :
"Cet archevêque de Reims, l'un des plus puissants génies politiques de notre histoire, comprit de quel mal endémique souffrait l'institution royale. En disciplinant, par quelle invention de génie ! l'administration du sacre et en élevant, par quelle sainte ruse ! l'onction des rois de France au-dessus de toutes les autres, mêmes faites de par la volonté du Pape et de sa main, même impériale, il a sauvé pour mille ans la Nation française et son oeuvre sans doute gouvernera encore notre futur."
Un autre frère de cette communauté CRC, le frère Augustin du Saint Sauveur, dans le bulletin CRC n° 314, a abordé le récit de l'onction de Clovis par Hincmar. Il constate les changements apportés à ce récit par l'archevêque de Reims. Bien entendu, si l'on creuse davantage la question comme l'ont fait d'autres historiens et comme nous y avons nous-même procédé dans un futur n° de nos Cahiers Résurgences consacré au IXe s.,* on voit bien que c'est la plupart du temps contre la papauté et malgré elle que le royaume de France s'est affermi au IXe s. et que les églises d'Occident étaient loin d'accorder au IXe s. à la papauté les pouvoirs que la papauté s'est arrogée par la suite, en particulier par l'intermédiaire des dites fausses décrétales apparues justement au IXe s. et auxquelles Hincmar de Reims ne croyait pas.
* susceptible de faire l'objet d'une CONFERENCE sur ce IXe siècle
*****
Chiré la mystification papiste ultramontaine
Russie / France - Pierre-le-Grand et le Sacré-Coeur
16/03/2024
L'actuel climat de folie antirusse et l'audition vidéo d'un débat sur l'Ukraine animé par l'association Apocalypse Non avec la présence d'Annie Lacroix-Riz, Guy Mettan, Michel Collon et Frédéric Dufourg nous ont rappelé les Mémoires du duc de Saint-Simon.
Ce présent article doit donc être mis en relation avec les articles sur le révisionnisme et la Russie sur cette page et avec les articles sur Annie Lacroix-Riz et l'Orthodoxie à la p. 3 du site www.la-communion-antimondialiste.fr, enfin à la conférence spéciale annoncée à la page d'accueil de ce site.
Lors du débat précité, le journaliste suisse Guy Mettan nous a rappelé l'histoire du faux testament de Pierre-le-Grand qui a servi à plusieurs reprises la politique antirusse de la France, de l'Angleterre et de l'Allemagne : même Hitler s'en est servi.
On le ressortait du placard à l'envi pour les commodités du moment ; bien que dès la fin du XIXe siècle le faux ait été démontré côté russe comme côté français. Peut-être Guy Mettan a-t-il subodoré qu'on pourrait peut-être le mettre une fois de plus sur le tapis, vu l'actuel climat.
Du coup je m'aperçois en effet sur internet que quelqu'un l'a ressorti, comme prétendument vrai, bien entendu ; on pouvait s'y attendre : le courant papiste catho-tradi. En 2015, curieusement au démarrage du conflit en Ukraine, les Editions Saint-Rémi
distribuées par la maison Chiré, ont ressorti le livre de l'abbé Gaume (devenu Mgr) publié en 1876 : Le Testament de Pierre-le-Grand, Clef de l'avenir. L'abbé avait adopté le point de vue papiste autrichien, impérial et préconisait la réconciliation avec les protestants, la réunion avec les puissances germaniques contre la Russie orthodoxe ; d'une certaine manière ce qui sera le choix de la synarchie, "Le Choix de la Défaite" dans les années 30 (cf Annie lacroix-Riz). Sans doute nos éditeurs catho-tradis ont-ils republié cet ouvrage afin de ne pas attiser le conflit... Récemment, on a vu un certain Pierre Hillard se tenir dans la même ligne. Nous avons constaté dans le n° 3604 de l'hebdomadaire Rivarol du 6/3/2024 les déchirements entre "rivaroliens" et catho-tradis à ce sujet. Un Scipion de Salm, s'il n'est pas franchement pro-ukrainien, a du mal à rester neutre, là où Jean-Michel Vernochet (alias Léon Camus), Xavier Moreau, Youssef Hindi ( alias Jean Terrien), Alain Soral, Philippe Ploncard d'Assac et d'autres semblent pencher vers plus de sympathie pour la Russie orthodoxe (tous avec Chiré relevant de NOS ENNEMIS IDEOLOGIQUES s'étant déclarés tels, voir articles sur la droite et Jacques Perrin sur la page d'accueil de ce site et sur la p. 2 du site www.la-communion-antimondialiste.fr).
Comme les débuts de ce faux testament nous ramènent sous Louis XV, c'est l'occasion de retrouver notre bon vieux duc de Saint-Simon. On va vite comprendre qui pouvait avoir intérêt, sous Louis XV, à fabriquer ce faux. Notre bon duc, confident et conseiller du Régent, a entre autres aidé à préparer la visite du tsar Pierre-le- Grand sous la Régence. Il a pu côtoyer et apprécier le tsar et était l'intime de son ambassadeur le prince Kourakine. Il écrit, p. 241 du tome 13 des Editions Ramsay,
1978 : "En partant il (le tsar) s'attendrit sur la France, et dit qu'il voyait avec douleur que son grand luxe la perdrait bientôt".
Notons que c'est remarquable pour ce tsar "presque barbare", si préoccupé du développement de son pays, de deviner que ce développement peut aboutir à ce résultat ; de développement, point trop n'en faut, Luc Ferry pourrait en prendre de la graine.
Le duc poursuit un peu plus loin cette remarquable analyse : "Néanmoins, le Czar avait une passion extrême de s'unir avec la France. Rien ne convenait mieux à notre commerce, à notre considération dans le Nord, en Allemagne et par toute l'Europe. Ce prince tenoit l'Angleterre en brassière par le commerce, et le roi Georges en crainte pour ses Etats d'Allemagne. Il tenoit la Hollande en grand respect et l'Empereur en grande mesure. On ne peut nier qu'il ne fît une grande figure en Europe et en Asie, et que la France n'eût infiniment profité d'une union étroite avec lui. Il n'aimait point l'Empereur ; IL DESIRAIT DE NOUS DEPRENDRE PEU A PEU DE NOTRE ABANDON A L'ANGLETERRE (c'est nous qui mettons en capitales) qui nous rendit sourds à ses invitations jusqu'à la messéance, lesquelles durèrent encore longtemps après son départ. En vain je pressai souvent le Régent sur cet article, et lui disois des raisons dont il sentoit toute la force, et auxquelles il ne pouvait répondre. Mais son ensorcellement pour l'abbé Dubois, aidé encore alors par d'Effiat, de Canillac, du duc de Noailles, étoit encore plus fort.
Dubois songeait au cardinalat, et n'osait encore le dire à son maître. L'Angleterre, sur laquelle il avait fondé toutes ses espérances de fortune, lui avoit servi d'abord à être de quelque chose par le leurre de son ancienne connaissance avec Stanhope. De là il s'étoit fait envoyer en Hollande le voir à son passage, puis à Hanovre ; enfin il avait fait les traités qu'on a vus, et s'en étoit fait conseiller d'Etat, puis fourré dans le conseil des affaires étrangères. Il avoit été, puis retourné en
Angleterre. Les Anglois, qui voyaient son ambition et son crédit, le servoient à son gré pour en tirer au leur. Son but était de se servir du crédit du roi d'Angleterre sur l'Empereur, qui était grand, et de sa liaison alors intime et personnelle, pour se faire cardinal par l'autorité de l'Empereur, qui pouvait tout à Rome et qui faisait trembler le Pape. Cette riante perspective nous tint enchaînés à l'Angleterre avec la dernière servitude, qui ne permit rien au Régent qu'avec sa permission, que Georges était bien éloigné d'accorder à la liaison avec le Czar, tant à cause de leurs haines et de leurs intérêts, que par ménagement pour l'Empereur : deux points si capitaux pour l'abbé Dubois, que le Czar se dégoûta enfin de notre surdité pour lui, et de notre indifférence qui alla jusqu'à ne lui envoyer ni Verton, ni personne de la part du Roi. On a eu lieu depuis d'un LONG REPENTIR DES FUNESTES CHARMES DE L'ANGLETERRE, ET DU FOL MEPRIS QUE NOUS AVONS FAIT DE LA RUSSIE (c'est nous qui mettons en capitales). Les malheurs n'en ont pas cessé, par un aveugle enchaînement, et on a enfin ouvert les yeux que pour en sentir mieux l'irréparable ruine, scellée par le ministère de Monsieur le Duc, et par celui du cardinal Fleury ensuite, également empoisonnés de l'Angleterre, l'un par l'énorme argent qu'en tira sa maîtresse après le cardinal Dubois, l'autre par l'infatuation la plus imbécile."
Notre bon duc revient bien plus loin sur la Russie à propos de sa victoire contre la Suède (p. 206 du tome 16) :
"Que de choses politiques à dire et à prévoir là-dessus, qui ne sont pas matière de ces Mémoires, mais le funeste fruit de l'intérêt personnel de Dubois, qui avait enchaîné la France à l'Angleterre, et qui malgré tout ce que je pus représenter bien des fois au Régent, et que le Régent sentit lui-même, ne voulut jamais lui permettre de profiter du désir passionné que le Czar eut de s'unir étroitement avec la France, et que l'avarice et les ténèbres du cardinal Fleury achevèrent de livrer la Russie à l'Empereur et à l'Angleterre !"
Remarquons que vers 1730 Saint-Simon nous fait comprendre qu'une grande partie de l'élite aristocratique et bourgeoise de la France était loin d'être russophobe, naturellement russophobe, à cause entre autres d'une différence de moeurs. Malheureusement, cela devint peu à peu le cas au fil du XVIIIe siècle. Dès lors, la fabrication du faux testament n'a rien d'étonnant. J'ai écrit moi-même un article : "France, la Russie est ton passé !", pour montrer que les conflits qui nous opposent à la Russie retrouvent à bien des égards les conflits qui nous opposaient entre Français ou entre chrétiens en Occident, tant était riche et foisonnant le festival de courants religieux, de courants d'idées, de moeurs dont se composait la vie des peuples en ces temps-là et que le foisonnement des Mémoires du duc de Saint-Simon rend si bien ; alors que des visions idéologiques contemporaines n'ont que trop intérêt à faire croire aux Français que leur histoire a toujours été schématique, simpliste, unilinéaire et l'histoire de la Russie de même, dans un schéma opposé.
On remarquera dans l'analyse du duc la disposition de l'Angleterre, de l'Empire, de la Hollande, etc., face en quelque sorte à la Russie et à la France ; la dépendance du Français vis-à-vis de l'Anglais pour obtenir de l'Autrichien impérial la récupération du chapeau à Rome. Ah ! ces chapeaux dans l'histoire de France : Retz, Richelieu, Mazarin, Fènelon, Dubois, Fleury...
Emmanuel Todd évoque avec insistance l'influence des taux de fécondité, etc., dans l'histoire. Je me demande si les chapeaux n'en ont pas eu davantage.
On sait ce que pensait le duc de Saint-Simon des prétentions de la papauté quant à son infaillibilité, son pouvoir, etc. Il est parfaitement clair à ce sujet, comme bien d'autres catholiques français à l'époque : une "usurpation". Le tenant de son intime le prince Kourakine, Saint-Simon écrit (p. 269, tome 13) : "Il dit pourtant au nonce dans une autre conversation que, dès que le Czar serait délivré de la guerre de Suède, il se lierait non seulement avec l'Empereur mais avec les Vénitiens, enfin avec le Pape, parce qu'il voulait être bien avec lui. En effet, le Czar avoit dit au maréchal de Tessé qu'il ne s'éloignerait pas de reconnaître le Pape pour premier patriarche ORTHODOXE (c'est nous qui mettons en capitales), mais aussi qu'il ne s'accommoderait pas de certains assujettissements que la cour de Rome prétendait imposer aux princes, au préjudice de leur souveraineté ; qu'il voulait bien croire le Pape infaillible, mais à la tête du concile général. C'est que la vérité et la raison sont de tous pays, et ce monarque, presque encore barbare, nous faisait une excellente leçon."
Louis XIV n'eût-il pas été d'accord avec lui sur ce point ?
Pour ceux qui seraient tentés de contester soit l'attachement à la royauté du duc de Saint-Simon, soit sa ferveur chrétienne, soit son souhait de justice et de bienveillance pour le peuple, en tenant compte bien sûr de son état d'aristocrate et des limites à l'époque de la mentalité des meilleurs d'entre eux, prenons connaissance de ce qu'il écrit pp. 295-296, tome 13 :
"Le maréchal de Villeroy persuadoit à grand peine le Roi (Louis XV) de se montrer, tantôt à la vue du jardin, tantôt à celle des cours, et, dès qu'il paroissoit, c'étoient des cris de : Vive le Roi ! cent fois redoublés. Le maréchal de Villeroy faisoit remarquer au Roi cette multitude prodigieuse, et sentencieusement lui disait : "Voyez, mon maître, voyez tout ce peuple, cette affluence, ce nombre de peuple immense, tout cela est à vous, vous en êtes le maître" ; et sans cesse lui répétoit cette leçon pour la lui bien inculquer. Il avoit peur apparemment qu'il n'ignorât son pouvoir. L'admirable Dauphin son père en avoit reçu de bien différentes, dont il avoit bien su profiter. Il étoit bien fortement persuadé qu'en même temps que la puissance est donnée aux rois pour commander et pour gouverner, LES PEUPLES NE SONT PAS AU ROI, MAIS LES ROIS AUX PEUPLES (c'est nous qui mettons en capitales) pour leur rendre justice, les faire vivre selon les lois, et les rendre heureux par l'équité, la sagesse, la douceur et la modération de leur gouvernement. C'est ce que je lui ai souvent ouï dire avec effusion de coeur et persuasion intime, dans le désir et la résolution bien ferme de se conduire en conséquence, non seulement étant en particulier avec lui, et y travaillant pour l'avenir dans ces principes, mais je lui ai ouï dire et répéter plusieurs fois tout haut en public, en plein salon de Marly, à l'admiration et aux délices de tous ceux qui l'entendoient."
Pour quelqu'un de si attaché à l'étiquette et au tabouret des duchesses, chapeau ! On sait que si Louis XIV et le duc n'ont pas toujours eu des relations faciles, Louis XIV appréciait l'influence du duc sur le futur Régent et comptait bien là-dessus.
La disparition malheureuse du Dauphin ne fut elle pas une catastrophe pour la France ? Quel attelage pour la France si elle avait été gouvernée par les deux conseillers du Dauphin, Fènelon et le duc de Saint-Simon, personnalités si dissemblables mais qui auraient peut-être été complémentaires ! La chrétienté, la richesse mystique de la France seraient restées au coeur d'un tel règne ainsi qu'une alliance conviviale avec la Russie orthodoxe.
LE SACRE-COEUR
tome 15, pp. 330-334, le duc écrit : "et comme il en étoit près de trois quand il y arriva ce jour-là, il trouva le dîné avancé, et la compagnie en peine de ce qui pouvait l'avoir tant retardé. Le hasard le fit placer à table vis-à-vis Languet, évêque de Soissons.
Le Blanc fit ses excuses, et dit qu'il ne cacheroit point ce qui l'avoit retenu si tard au Palais-Royal, parce que la chose alloit être publique. Chacun dressa les oreilles et demanda de quoi il s'agissoit. Le Blanc répondit que c'étoit de la promotion que le Pape venoit de faire. A ce mot, Languet se met presque en pied, et s'écrie les yeux allumés : "Hé qui ? hé qui ?" Le Blanc nomme les nouveaux cardinaux ; Mailly fut nommé le second, comme il l'étoit dans la liste. A ce nom Languet tombe sur sa chaise, la tête sur son assiette, se la prend à deux mains, et s'écrie tout haut : "Ha ! il m'a pris mon chapeau !" Un éclat de rire de la compagnie, mal étouffé et surpris, après quelques moments de silence, réveilla le désintéressé prélat. Il demeura déconcerté, laissa résonner sur la promotion, balbutia tard, courtement, rarement, tortilla quelques bouchées lentement, et de loin en loin, pour faire quelque chose, devint le spectacle de la compagnie, et la quitta lorsqu'on fut hors de table tout le plus tôt qu'il put. Cette aventure fut bientôt publique, et me fut contée le lendemain par le chevalier de Tourouvre, qui vint dîner chez moi, et qui s'étoit trouvé la veille à table chez le Blanc, à côté de Languet. Qui eût dit du plat abbé Languet, bourgeois de Dijon, languissant dans les antichambres de Versailles, où je l'ai vu cent fois, entrant chez le maître ou la maîtresse de l'appartement, et le retrouvant en sortant sur le même coffre de l'antichambre, qui croyait, avec raison, avoir fait fortune par une place pécuniaire d'aumônier de Mme la duchesse de Bourgogne, et une de grand vicaire d'Autun, qui croiroit, dis-je, que, non content d'être arrivé à se voir évêque, et évêque de Soissons, il ne se serait pas trouvé au comble, et eût osé lever les yeux jusqu'à la pourpre et en approcher en effet de fort près ? Saint-Sulpice d'abord, dont l'illustre curé était son frère, bien différent de lui, et la Constitution après, qui le fit évêque en se livrant corps et âme au P. Tellier, lui tournèrent la tête d'ambition."
Saint-Simon poursuit son récit savoureux puis écrit plus loin : "Cette prudence (Languet était devenu archevêque de Sens) ne lui étoit pas ordinaire ; convaincu cent fois de passages tronqués, de citations fausses et frauduleuses, et de tout ce qui en est dit plus haut, il avoit très ordinairement osé, après quelque intervalle, remettre en preuves décisives ce sur quoi il avoit été convaincu de faux, avec un front d'airain qui ne cherchoit qu'à surprendre et qui ne rougissoit jamais. Mais c'est assez s'arrêter sur un prélat qui, tout vil qu'il est en tout genre, doit pourtant être montré tel qu'il est par les personnages qu'il a faits et par celui qu'il n'a cessé, quoique vainement, de vouloir faire ; car sa misérable MARIE ALACOQUE, faite par un jésuite (le P. La Colombière), et si longtemps depuis imprimée sous son nom, n'a jamais été adoptée par Languet comme son ouvrage que pour revenir à la pourpre par les détours qu'il a crus sûrs et qui le paroissoient, mais qui sont tout à fait hors et au delà des matières de ces Mémoires, qu'il faut maintenant reprendre..."
Aux premières publications de sa biographie de Marie Alacoque et au scandale soulevé, Languet se dépêcha de tout retirer.
Jusqu'à la fin du XVIIIe siècle, les papes, dans l'ensemble, condamnèrent ces révélations. Le futur Benoît XIV vit passer une requête à propos de ces révélations et s'exprima ainsi : "Si l'on demande une fête pour le sacré-coeur de Jésus, pourquoi n'en pas demander aussi pour le sacré-côté, les sacrés yeux et même pour le coeur de la sainte Vierge ?" Ces papes, en condamnant le sacré-coeur de Marie Alacoque, se souvenaient de l'hérésie de Nestorius et de sa manière de l'amener. Nestorius adorait ce qui paraissait à cause de ce qui était caché ; mais durant tout le XVIIIe, jusqu'au XIXe siècle, la compagnie de Jésus ne cessa de forcer l'entrée du Vatican afin d'imposer le culte du sacré-coeur. Là-dessus, la réaction à la Révolution française, chez les catholiques, trouva malheureusement meilleur de se servir de ce culte comme d'un catalyseur de la résistance : et c'est ainsi qu'il s'imposa.
Il n'était pas mauvais de rappeler, en matière de faux issus du XVIIIe siècle, que la plupart des catholiques français du XVIIIe siècle savaient à quoi s'en tenir sur les origines de ce culte, qu'en tout cas il y avait bien conflit interne à propos de ce culte dans le catholicisme. On voit qu'à notre époque encore, les catholiques traditionalistes opposés à la Russie orthodoxe non seulement veulent croire au faux testament de Pierre-le-Grand mais s'appuient également sur de dites apparitions à l'historique pour le moins suspecte et pitoyable, que même les papes au XVIIIe s. rejetaient.
24/O3/2024
le SACRE-COEUR ILLUMINISTE SAINT-YVES d'ALVEYDRE LE ROI DU MONDE SYNARCHIE et RUSSOPHOBIE
Le césarisme napoléonien introduisit à coup sûr à l'égard des individualités porteuses de souveraineté le romantisme capricieux qu'aussi bien la Révolution française que les révolutions libérale et industrielle encourageaient pour l'individualisme des populations en général. Le XIXe siècle allait constituer à cet égard le siècle des césarismes, des impérialismes, l'une des versions de l'homme nouveau à venir avec les deux empires napoléoniens, le redressement de l'empire germanique, sans oublier le destin des empires autrichien, russe et anglais. Selon les circonstances, pendant la première moitié de ce XIXe siècle, l'empire russe pourra être ressenti favorablement ou non dans l'opinion publique mais à partir de la guerre de Crimée et malgré l'alliance franco-russe, une mauvaise réputation lui restera collée à la peau.
Dans la deuxième moitié du XIXe siècle, la montée en graine de l'idéologie RACIALISTE, c'est-à-dire la prise en mains DETERMINISTE des phobies racistes spontanées, pas forcément très hargneuses, par les progrès de la science biologique consolida cette idéologie donc la crainte des peuples que l'horloge de l'histoire désignait à la vindicte populaire. Ce fut le cas vis-à-vis de la Russie au tournant du XIXe siècle. Les défaites de l'empire autrichien en 1866 à Sadowa face à la Prusse puis celle de la France en 1870 inaugurèrent une vague de désespoir, de pessimisme dans les populations concernées, en particulier catholiques cependant qu'un autre versant du césarisme impérial se dressait à son tour, anachronique à bien des égards par rapport à la montée du règne de l'émancipation libérale : l'INFAILLIBILITE PONTIFICALE du pape de Rome (concile Vatican I en 1870). Afin de se garder de l'impérialisme allemand, possiblement conjugué à l'autrichien en même temps que de l'anglais d'ailleurs, l'idée du retour d'une alliance de revers avec l'Orient, en l'occurence la Russie, commença à circuler dans la IIIe République malgré la mauvaise réputation de l'empire des tsars.
Par contre-coup les camps non républicains (royalistes, bonapartistes...) et républicains catholiques virent leurs craintes redoubler. On a évoqué précédemment la remise en piste du faux testament de Pierre-le-Grand en 1876 par le courant ultramontain intégriste, l'abbé Gaume et le lancement de l'idée d'une alliance avec les puissances germaniques contre la Russie. On sait que les "illuminati", Albert Pike entre autres, ont explicité entre eux en 1871 l'idée d'un cycle en trois étapes pour la révolution mondiale. Ils ont dès lors activé leurs plans d'action infiltratrice à l'intérieur de la franc-maçonnerie, de la judéité, du protestantisme, du papisme, etc., soit chacun de son côté, soit mélangés. Symptomatiquement, de même que la Révolution française avait permis chez les contre-révolutionnaires d'encourager définitivement l'hérésie du sacré-coeur (voir article plus haut), de même la vague de désespoir entraînée par la défaite de 1870 encouragea un nouvel assaut du sacré-coeur, cette fois carrément mélangé à l'ésotérisme martiniste, plus exactement à l'illuminisme bonaldiste de la tradition primordiale : le Hiéron du Val d'Or, à partir des années 1870 sous le patronage des jésuites et avec l'approbation qui persista un certain temps des papes.
Or Saint-Yves d'Alveydre, le fondateur de la synarchie et le premier propagateur du thème du Roi du Monde, y fut mêlé ; sans compter Alexandre Dumas fils, George Sand, Victor-Emile Michelet, bref un certain gratin parisien et un personnage très énigmatique dit "le vieux druide", le Dr Henri Favre et sa fille Mme Bessonnet-Favre. Edouard Schuré sera très élogieux à son égard. Notre vieux druide voyait l'histoire comme "un combat entre les Celtes d'un côté, les Euskariens, les Juifs et les franc-maçons de l'autre", c'est-à-dire, à sa manière sibylline, l'alliance celto-germanique et papiste contre l'Orient. On peut constater d'ailleurs que dans "Mission des Souverains" publiée en 1882, Saint-Yves d'Alveydre ne laisse pas que de craindre justement les impulsions surgies de l'Asie profonde ou de l'Islam et d'en être fasciné. Ainsi se mettait en place peu à peu le plan du choix de la défaite, de la synarchie dans les années 1920-1930 : l'alliance avec la Germanie et les Anglo-Saxons contre la Russie. Dès l'instauration de l'alliance franco-russe Charles Maurras manifesta son hostilité, d'accord en cela avec nombre de voix socialistes. Son ouvrage Kiel et Tanger en 1910 en rajouta dans une certaine russophobie.
Peut-on espérer quelque solution du conflit actuel en Ukraine sans l'éradication des folles idéologies antirusse, anti-orthodoxe et uniate d'origine à la fois papiste, celto-germanique et illuministe, exacerbées et exaltées au XIXe siècle par les nouveaux instruments idéologiques tels que les déterminismes racialiste et rationaliste, fruits des progrès technique, scientiste et méthodologique ? Que penser aussi à ce titre de pro-russes demeurés imprégnés de ces idéologies ?
suite de l'article dans l'article du 29/03/2024 : Jacques Bainville, les Jésuites Illuministes...
Jacques BAINVILLE JESUITES ILLUMINISTES RUSSIE POLOGNE
29/03/2024 - suite article RUSSIE/FRANCE - Pierre-le-Grand et le Sacré-Coeur des 16 et 24/03/2024
On lit beaucoup de sottises sur internet, on est d'autant plus porté dès lors à revenir aux documents. Je suis retombé sur un ouvrage que je n'avais plus ouvert depuis bien des années : La Russie et la Barrière de l'Est de Jacques Bainville, préface du Comte de Saint-Aulaire, ambassadeur de France, avant-propos de Jean Marcel, Plon ed., 1937. Il est d'autant plus instructif sur cette question à nouveau actuelle de la Russie qu'il a été publié en 1937 (ce qui peut se justifier, certes, par le décès de Bainville en 1936), c'est-à-dire en plein coeur du retournement définitif de l'Action Française (1934-1937) en faveur de l'Allemagne nazie, contre les soviets, entre autres.
Dès la préface, le ton est donné : "cette alliance (la franco-russe) contre-nature détruit nos alliances naturelles... elle éloigne de nous nos meilleurs amis d'Europe orientale". Quant à l'avant-propos, il nous montre à quel niveau premier réel de motif entendent se situer les protagonistes de cette publication et se situe l'esprit des positions de l'Action Française et de la synarchie à laquelle elle se soumet : "conjonction profonde de l'Etat prussien et de l'Etat moscovite, alliés naturels dans la recherche de leurs Alsaces-Lorraines arrachées et tout prêts, comme au temps de Frédéric II, à COMMUNIER, EN VIEUX COMPLICES, "DU CORPS EUCHARISTIQUE DE LA POLOGNE" (c'est nous qui mettons en capitales)". Eh bien ! Aurais-je loupé un épisode ? Sans revenir aux Teutoniques, chevaliers polonais et autres porte-flingue du pape médiéval romain, n'est-ce pas tout d'abord le royaume polonais qui, au XVIIe siècle, époque de l'UNIATISME, a voulu avec une détermination toute jésuitiste absorber les principautés russes, les a envahies, donc a réintroduit la Russie dans l'histoire européenne ?
Qui était donc le véritable corps eucharistique (pour ne pas en revenir, une fois encore, aux principautés russes coincées au XIIIe siècle comme une offrande eucharistique entre les tribus mongoles et les teutoniques ) ?
On voit que si force considérations de Bainville sur la Russie, l'échec de Nicolas II, l'ambiguïté de l'alliance franco-russe ne sont pas contestables, quoique souvent excessives et marquées de ce puant orgueil solaire européo-centré, la mauvaise foi est patente dans ces remarques sur la Pologne. La chose est d'autant plus sensible que dans ses articles Action Française du 10/12/1918 et 10/05/1919, Bainville n'hésite pas à affirmer que l'histoire de l'Europe s'est longtemps faite sans la Russie, qu'elle s'en passait très bien et que si elle pouvait encore se passer d'elle... Sympa pour les copains ! En 1918, les armées russes ayant assuré notre victoire, il suffirait d'un petit coup de gomme dans la mémoire historique et basta ! Mais des dynasties françaises n'étaient-elles pas mêlées à l'histoire, au destin de la Pologne lorsque ce royaume polonais dument chapitré par pape et jésuites a réintroduit la Russie dans le cycle de l'histoire européenne ?
On peut être victime sur la Russie des mêmes éternels préjugés d'européo-centrés, d'atlanto-centrés (ceux du marquis de Custine, par exemple), de papiste et autres jésuites, on n'en est pas moins tenu à l'honnêteté.
Cette mauvaise foi aux multiples aspects sur le déroulement de l'histoire, on la retrouve une fois encore (antérieurement même aux deux précédents articles cités) dans les deux articles de Bainville dans L'Action Française du 06/08/1917 et du 21/09/1918 à propos du "malentendu" que France et Russie auraient éprouvé, chacune de leur côté, dans leur perception de l'alliance franco-russe et des espoirs qu'elles y plaçaient. A lire cependant son compte-rendu, on a l'impression d'une découverte subite des intérêts de la Russie en Orient et d'abord contre l'Angleterre, d'une déconvenue nouvelle et justifiable à ce sujet, compte tenu qui plus est de l'enthousiasme dans lequel cette alliance avait été accueillie par la population française, enthousiasme que Bainville évoque. A qui fera-t-on croire que les Français mais encore davantage la classe politique et haute bourgeoisie française pouvaient ignorer LE GRAND JEU russo-anglais en Orient tout particulièrement, Orient où la France elle-même était très présente ? Grands journaux et littérature populaire en faisaient des gorges chaudes.
Mieux, Bainville écrit : "La France sait que derrière la Russie, c'est elle-même que l'Allemagne visait. Et les choses ont tourné de telle sorte qu'en tenant sa parole envers la Russie, la France a gagné une autre alliance, aussi ferme qu'efficace : celle de l'Angleterre. A l'accord indécis qui existait avant le 4 août 1914, la guerre a substitué cette intimité et cette solidarité franco-anglaises qui paraissaient devoir être l'axe de la politique générale pour bien longtemps, pour, aussi longtemps, en tout cas, que le péril allemand existera en Europe." (p. 26). Reportez-vous aux propos plus haut sur l'appréhension de l'Angleterre par Pierre-le-Grand et le duc de Saint-Simon et au constat de notre malheureuse situation géopolitique et civilisationnelle vis-à-vis de la sphère anglo-saxonne depuis la seconde guerre mondiale : il y a quelque chose de pathétique à croire pouvoir se féliciter à long terme d'une alliance, certes bienvenue, mais seulement à court terme, comme alliance de circonstance.
Le grand jeu russo-anglais inquiétait et préoccupait en tout cas fondamentalement Saint-Yves d'Alveydre depuis les années 1870-80 (voir ses ouvrages "Clefs de l'Orient" et "Mission de l'Inde"). La synarchie qu'il fondera en sera marquée. Même en prenant en compte une alliance germanique dans laquelle la synarchie embarquera l'Action Française, l'optique du grand jeu restera primordiale. Cet enchantement anglo-saxon passera également par l'enchantement de la Pologne (et de l'Europe orientale) avec ses conséquences dans le déclenchement des deux guerres mondiales. Qu'aurait pensé Jacques Bainville du déroulement des événements et des retournements de situation après 1936 et surtout 1941 ?
René Grousset, en 1924, dans son livre "Le Réveil de l'Asie - L'Impérialisme Britannique et La Révolte des Peuples", Plon ed., avait déjà bien entrevu le schéma général et primordial de ce grand jeu où il voyait les Etats-Unis succéder à l'Angleterre. Rien n'a changé sous le soleil, de la gauche à la droite, à l'extrême droite, y compris à des occidentaux pro-russes ; les mêmes erreurs, les mêmes préjugés et leur fond mystique, religieux ainsi qu'illuministe dont on n'arrive pas à se débarrasser, poursuivent leur chemin.
( voir sur nos deux sites les articles apparentés à ce dernier, la collaboration entre les nazis et la papauté, certains catholiques, uniates; de même présentement la collaboration entre papauté, cathos, uniates et ukro-nazis azov, la russophobie de force cathos intégristes (Pierre Hillard,etc...), la collaboration (à l'instar des années 30)entre la synarchie mondialiste et le Vatican, l'empressement de ce même Vatican en mars 2022 de reconduire une dite consécration très orientée idéologiquement de Fatima)
suite de cet article ci-dessous : article du 31/03/2024 intitulé "les illuminati - le piège de la Pologne est déjà une guerre d'Orient"
les illuminati le piège de la Pologne est déjà une guerre d'Orient
31/03/2024 : suite de l'article du 29/03/2024 "Jacques Bainville - Jésuites illuministes - Russie/Pologne"
Nous ne croyions pas si bien dire dans notre précédent article quant à nos reproches sur les articles dans L'Action Française de Jacques Bainville, à la lumière d'un autre de ses articles répertoriés dans "La Russie et la Barrière de l'Est" mais aussi à la lumière de l'ouvrage "Kiel et Tanger" de Charles Maurras (Nouvelle Librairie Nationale ed., 1910). Jacques Bainville suit en effet Charles Maurras, il ne faut jamais l'oublier.
Ce nouvel article de Bainville est celui du 19/11/1916 : "La Pologne "libérée" par l'héritier de Frédéric, c'est une des plus grandes dérisions de l'histoire. Mais l'histoire a aussi ses leçons, ses traits qui ne changent guère. Nous sommes trop accoutumés à voir, d'Occident, la question polonaise sous une apparence sentimentale (précisons même de passion religieuse depuis les XVIIIe-XIXe siècles). D'Orient, elle est conçue avec un caractère politique (tiens, tiens ! l'AF, entre autres, proclame pourtant les Orientaux trop religieux !). Dans la reconstitution par la Prusse et par l'Autriche de l'ancien "royaume" de Pologne, il y a une immense duperie... Le rétablissement d'un royaume de Pologne sous la surveillance de la Prusse est un monument de fourberie et d'iniquité sans doute. Mais il n'est nullement fatal que ces monuments-là s'écroulent d'eux-mêmes, et, avant de tomber, ils peuvent servir aux fins secondes pour lesquelles ils ont été construits... Cette guerre, à Berlin, n'a jamais été conçue avec le caractère que nous lui avons attribué et, aux yeux des Hohenzollern, elle ne peut manquer d'apparaître telle qu'elle est, d'ailleurs, en réalité, pour une large part : une reprise agrandie de la guerre de Sept Ans, une nouvelle crise de l'Etat prussien. Regardez : quelques uns des éléments ont changé de camp. Mais ce sont encore les mêmes. En Orient, surtout, la situation, du dix-huitième au vingtième siècle, n'a pour ainsi dire pas changé. Prusse, Autriche, Russie, d'une part, Pologne et Turquie de l'autre, se retrouvent dans la même juxtaposition et presque dans les mêmes rapports...
Cette guerre-ci, par ses origines, est une guerre d'Orient, posée par la question d'Orient. Cette guerre-ci a succédé aux guerres de 1866 et de 1870 parce que le rythme de la politique européenne veut que les affaires orientales viennent suivre les affaires austro-allemandes. Quand la guerre de Sept Ans fut finie, ce fut donc la crise orientale de 1769-1770 qui apparut. Pour l'Orient, l'Autriche et la Russie étaient sur le point d'entrer en lutte. Or il ne convenait à Frédéric ni de laisser l'Autriche et la Russie aux prises, ni de prendre part au conflit. Ce fut alors qu'il conçut et qu'il fit triompher l'idée de la transaction polonaise..., une transposition de la question d'Orient."
Dans le précédent article du 29 mars, nous avions relevé cet article de Bainville où il justifiait les Français de se plaindre des conséquences de l'alliance franco-russe. Lisons dès lors le Kiel et Tanger de Maurras. Page 13, dans le chapitre II, il nous rappelle les propos d'un ambassadeur d'Angleterre, Lord Lyons, rapportés par le comte de Chaudordy en 1887 :
"il est inutile de causer à Paris, puisque la France a confié toutes ses affaires au gouvernement prussien".
Passons au chapitre IV, pp. 19-20 : "(le gouvernement) n'osait jamais ajouter : "La religion de nos défaites (c'est-à-dire celle d'Alsace-Lorraine) ne compte plus", et nul Français n'aurait osé suggérer d'interrompre nos actes de constance et de fidélité.
Exactement, la suggestion vint de la Russie. De quelque façon qu'on explique ce jeu russe à Berlin sans y concevoir de duplicité, si l'on s'en tient au simple fait des froissements de l'Asie russe et de l'Inde anglaise qui obligeaient le cabinet de Pétersbourg à rechercher plus d'un appui européen, il est trop clair que, non contente de se faire l'amie intime de l'Allemagne, la Russie fit toujours effort pour nous placer en tiers dans cette amitié...
Tandis que le tzar nous menait, l'empereur d'Allemagne influençait le tzar. Bien que, en ce même 18 juin 1895, qui était le quatre-vingtième anniversaire de Waterloo, il eût fait hommage d'une couronne d'or au régiment anglais dont il est colonel, Guillaume caressait déjà le plan d'une fédération armée du continent européen contre la reine de la mer : il mit donc tout en oeuvre pour y ranger la France, que "l'honnête courtier russe" lui amenait."
Oh, oh ! Qu'en est-il en effet depuis plusieurs décennies et très récemment : du gouvernement de la France, épisode gaullien excepté, et de la situation géopolitique de la Pologne ? Tout simplement qu'il n'est pas davantage utile de "causer à Paris'" puisque la France a confié ses affaires aux gouvernements anglo-saxons. Ensuite, examinons bien la Pologne : le piège polonais (en fait polono-baltico-ukrainien) a été tout bonnement repris par les anglo-saxons, au détriment toujours de la France et cette fois-ci de l'Allemagne, sans parler de la Russie. C'est très clair actuellement.
Quant à la question du "malentendu" qui justifierait les Français de se plaindre de l'alliance franco-russe, s'ils confient leur direction à d'autres... ! Le chapitre III précédent, de Kiel et Tanger, appuie d'ailleurs là où ça fait mal pour les Français. Bainville aurait dû s'en souvenir. Ce chapitre porte justement sur l'alliance russe. Maurras y écrit :
"Le "Point d'affaires" étant assuré, on bernait les chauvins en se fortifiant de leur adhésion ingénue. C'étaient deux profits en un seul".
Il poursuit, pp. 16-17 : "Le plus imposant des deux alliés n'était pas le plus éclairé. Notre infériorité manifeste quant à la masse n'était pas compensée par une organisation... mais le gouvernement français n'était pas en mesure d'être centre et d'être cerveau. Notre France n'était plus assez organisée pour rester organisatrice... Telle quelle, la Russie peut avoir une politique. Telle quelle, en proie au gouvernement des partis, déséquilibrée, anarchique, la démocratie française ne le peut pas."
On nous dira d'ailleurs que présentement, quoiqu'on pense de la politique russe, la Russie a une véritable politique cohérente et qu'on ne voit pas davantage de politique cohérente et déterminée dans les pays occidentaux. Pourtant, il n'y a plus de tzar. Même russophobe, le monarchiste Maurras incitait les Français, les Gaulois, à la lucidité.
Remarquons au passage que la référence au comte de Chaudordy se rencontrait trente-trois ans plus tôt chez Saint-Yves d'Alveydre, fondateur de la synarchie et propagateur du thème du roi du monde. Il avait en effet dédié son livre Clefs de l'Orient (1877) à ce comte diplomate et ministre, entre autres, semble-t-il, pour son attitude de prudence en septembre 1870 à l'égard d'une espérance de soutien de la Russie à notre empire napoléonien en état d'effondrement. Saint-Yves d'Alveydre y voyait avant tout le grand jeu russo-anglais, il penchait évidemment davantage du côté occidental, anglo-saxon.
C'est l'occasion de constater à propos de la réutilisation du piège polonais que chez les véritables concepteurs et inspirateurs de ce grand jeu au sens très large du terme, c'est-à-dire les ILLUMINATI (voir le cycle en trois phases qu'ils avaient prévu, rapporté en 1871 par Albert Pike), que ce cycle/grand jeu pouvait très bien se subdiviser en plusieurs possibilités de dominance de direction : la germanique, l'anglo-saxonne... Les deux guerres mondiales auront entre autres servi d'épreuve de sélection pour cette dominance.
Une historienne entre autres, Annie Lacroix-Riz, a saisi à sa manière le principe de cette épreuve de sélection. Si elle a bien compris que face à la Russie, l'affrontement se faisait d'abord primordialement avec la sphère anglo-saxonne, ses travaux lui ont permis de constater que l'hypothèque d'une dominance germanique avait bien été mise en oeuvre ne serait-ce que par la synarchie française, tout en maintenant les circuits d'échange avec la sphère anglo-saxonne, de façon à pouvoir se retourner immédiatement en cas de défaite de l'Allemagne nazie, ce qui a permis, papauté et jésuites en tête (et, bien sûr, illuminati), de passer effectivement le relais, sans problème, aux Etats-Unis.
10/08/2024 TESTAMENT de PIERRE ou COMPLOT FRANCAIS contre CATHERINE II ?
Ce jour, le réseau VK nous signale la reprise d'un article intéressant de dzen.ru par Alexeï Chpanov le 10 août, à 13h04, article intitulé "Argent de l'étranger : quels Etats ont parrainé le soulèvement d'Emelyan POUGATCHEV ?"
Cet article confirme d'une certaine manière nos propos précédents sur la fausseté du testament de Pierre et l'identité du gouvernement intéressé. Après l'historiographie soviétique, l'historiographie russe actuelle poursuit ses recherches sur le soulèvement de Pougatchev entre 1773 et 1775, époque du prétendu testament de Pierre. Elle aurait remonté des traces sur l'action des services de renseignement français et ottomans sur le soutien très actif de la France à ce soulèvement. Voir la correspondance de l'envoyé français à St Petersburg, Durand de Dystrophe, avec la Cour Royale à Paris (conservée aux archives du ministère des affaires étrangères parisien). En mars 1774, le prince Golitsyne écrit au comte Panin à propos de la correspondance entre le comte de Saint-Prix et le prince de Rohan sur la disponibilité des officiers français de l'armée turque à intervenir dans le soulèvement de Pougatchev qu'en France tout le monde appelait Pierre III, selon ses prétentions.
On sait qu'en 1772, après le premier partage de la Pologne, la première récupération par les Russes de territoires juste auparavant polonais et lituaniens, certaines puissances occidentales rivales de la Russie, dont la France, furent outrées ;
ce qui entre autres rend crédible et l'appui à un faux tsar et la fausse confection d'un testament par Pierre-le-Grand.
02/04/2024 CONCLUSION PROVISOIRE des articles du 16 mars au 31 mars 2024
Notre dernier décryptage du 31 mars nous permet de constater que, sauf nouvelle information, Maurras et Bainville ne devaient pas croire à la fable du testament de Pierre-le-Grand, que les éditions Saint-Rémi/Chiré ont remis en piste en 2015.
S'ils ont dû en entendre parler, à l'époque du journal L'Action Française, le livre de l'abbé Gaume n'était d'ailleurs probablement plus d'actualité. On voit que Bainville savait à quoi s'en tenir sur le piège polonais inventé par Frédéric.
Ce constat nous en amène un autre : on trouve présentement des catholiques pro-russes qui n'hésitent pas à évoquer l'ukro-nazisme, les Azov, le banderisme ; ce qui est fort bien. Toutefois, dans les quelques vidéos que nous avons visionnées, nous avons été surpris qu'on puisse évoquer cet ukro-nazisme sans mentionner quasiment une seule fois l'uniatisme.
Il en est de cet uniatisme comme du piège polonais dont nombre de catholiques ignorent commodément le passé historique. Des Ukrainiens, des Galiciens en fait, s'ils ont été nazis et même pré-nazis, ne l'ont été, pour bien d'entre eux, que parce qu'ils étaient uniates papistes, qu'ils cherchaient leur alliance du côté de l'empire autrichien puis du IIIe Reich nazifié ou du côté d'Etats comme la Pologne travaillée par ces empires. Ignorer cet ordre d'intégration, l'ordre chronologique qui le sous-tend, c'est se condamner à ne pas comprendre la nature réelle de cet ukro-nazisme. Il faut donc pour cela remonter toute l'histoire de l'Europe du XIXe s. jusqu'à la guerre de 14 et l'effondrement définitif de l'empire autrichien. Le papisme, au tournant des XVIIIe-XIXe siècles, avait beaucoup perdu. L'ordre des jésuites était interdit dans plusieurs Etats (sauf, paradoxalement pendant un certain temps, en Russie). L'empire autrichien était même pénétré de joséphisme (une forme de gallicanisme). Avec la Berezina et la Sainte-Alliance, l'empire russe comptait. Après la guerre de Crimée (1855) et la défaite de l'Autriche en 1866 à Sadowa, tout a changé. Avec la défaite de l'empire napoléonien en 1870, la France perdait définitivement la possibilité de diriger le mondialisme ; comme si la Vierge de La Salette avait été entendue... Mais à partir de 1870, un autre plan prenait place.
06/04/2024 SIONISME et NATIONALISME INTEGRAL
Ajoutons simplement au passage sur cet ukro-nazisme, ce nationalisme intégral d'Europe orientale, Galicie tout particulièrement, lié au papisme, ses compagnonnage toujours actuels avec le sionisme révisionniste, dit de droite, Jabotinski, Juif d'Odessa, favorable à l'indépendance de l'Ukraine en 1918 dont ils pouvaient envisager (maintenant encore) qu'elle constituât éventuellement un autre foyer national juif comme la Palestine(on se servirait pour cela de l'ancienne conversion de la Khazarie au judaîsme, voir mixednews.ru par Aleksei Chpanov le 17/04/24 20h 59 sur VK). Cette droite sioniste n'était pas non plus sans accointance avec le nationalisme fasciste italien de Mussolini, comme présentement avec les néo-conservateurs américains (Léon Strauss), sans parler de groupes de Frères Musulmans. Elle occupe ces dernières années le pouvoir en Israël,
à la pointe de la lutte contre les Palestiniens (Gaza).
la Sainte-Alliance Nicolas Ier, roi eschatologique
déjà communiste
Nicolas Ier, empereur de 1825 à 1855, est une personnalité de premier plan, complexe et contradictoire à la fois. Autocrate absolu, il fut malheureusement marqué des défauts de l'autocratisme et de l'étatisme fonctionnariste qui gâchèrent ce que les autres versants de son règne et de son caractère pouvaient laisser espérer : sa bienveillance, un souci sincère de bonheur et de justice pour son peuple, sa loyauté, le souci de son rôle moral de souverain, celui, en même temps que de leur surveillance, de la protection des intellectuels, le sens de la mission de la Russie et de l'Orthodoxie.
L'état du servage en Russie le désespérait. Il favorisa beaucoup le communisme des MIR, communautés de serfs avec leurs assemblées, leurs starostes, leurs élections qui devaient contrebalancer le pouvoir des seigneurs propriétaires, éventuellement leur permettre d'acquérir leurs terres avec la possibilité d'en appeler à la protection du tsar.
La mission eschatologique de la Russie s'identifiait également, pour Nicolas Ier, à celle du peuple misérable des moujiks, véritable peuple élu. C'était la doctrine slavophile, c'était aussi les prémisses du communisme, de la mission de la dictature du prolétariat. De fait, dira-t-on, le messianisme communiste s'origine dans le messianisme chrétien jusqu'à Joachim de Flore.
En même temps, Nicolas Ier se souciait de la pureté de la fonction royale. Légitimiste, ayant à coeur de rencontrer les autres souverains dans le cadre de leur mission de la Sainte-Alliance, il refusa cependant de rencontrer Louis-Philippe qu'il considérait comme illégitime ; il aurait voulu intervenir pour empêcher le détrônement de Charles X. Il aida l'empire d'Autriche en Hongrie à préserver son unité et indirectement, dès lors, permit en 1849 à Pie IX de pouvoir revenir à Rome.
Nicolas Ier fut d'autant plus choqué en 1854 de l'attitude de cet empire autrichien en Bessarabie. Il laissa la Russie orpheline en pleine guerre de Crimée.
Cette guerre allait inaugurer un grand tournant eschatologique. Le message de La Salette en 1846 ne désignait pas pour rien Napoléon comme l'ennemi à redouter. Celui-ci, par exemple en Italie, à Rome, n'allait cesser de jongler entre l'encouragement à l'unité italienne (contre l'Autriche) et le souci symptomatique de préserver la papauté de cette unité. Carbonari, nationaliste, Napoléon visait en même temps à l'empire mondial, mais à cet empire au profit de la France ; surtout en Méditerranée contre les empires autrichien et russe (encouragement de la Pologne et guerre de Crimée). La victoire prussienne de 1866 contre les Autrichiens puis de 1870 contre la France mit fin définitivement aux ambitions de la France.
Le dernier plan des illuminati (correspondance entre le carbonari Mazzini et Albert Pike) en 1871 commença à se dérouler.
Il est toujours au coeur des événements. Après 1870, il restera encore en France des catholiques plaçant aussi leurs espérances du côté de la Russie, tel Léon Bloy, l'ami de Charles Péguy, le parrain de Jacques Maritain.
FIN DES ARTICLES HISTOIRE COMPAREE RUSSIE / FRANCE / EUROPE / Sacré-Coeur ******
-------------------------------------------polémiques d'histoire XXe-XXIe s.-------------------------------
Sur l'HISTOIRE des DEUX GUERRES MONDIALES, de la GUERRE 1939-45, de l'URSS, de l'ALLEMAGNE, de VICHY, de PETAIN,
de MAURRAS, de la SYNARCHIE, de la PAPAUTE, de PIE XII, du CAPITALISME FRANCO-ALLEMAND puis de l'EUROPE
L'historienne Annie LACROIX-RIZ, à la suite en partie des historiens révisionnistes anglo-saxons, a renouvelé grandement l'appréhension de l'histoire du XXe siècle ; voir en particulier ses deux ouvrages : Le Choix de la Défaite et Le Vatican, l'Europe et le Reich. Elle a renouvelé, surtout par son travail sur les ARCHIVES, le récit historique événementiel. Nous ne pouvons que regretter qu'historienne marxiste et athée revendiquée, elle ne donne à ces événements que des raisons matérielles, alors que nous ne voyons pas pourquoi, à ces raisons ne se mêleraient pas d'autres raisons, simultanément et, serait-on tenté de dire, harmonieusement sur un plan maléfique.
Alexandre JEVAKHOFF : DE GAULLE et la RUSSIE - Le Prix de la Grandeur - Perrin ed., 2022
15/03/2025
Dans le prolongement de la conclusion de notre précédent article, en quelque sorte sur certaines constantes de l'Histoire, c'est-à-dire la vieille opposition entre un certain Occident d'un côté, le Royaume des Lys de l'autre avec la Russie éternelle, dont la Russie soviétique, abordée à sa manière par l'historienne Annie LACROIX-RIZ, opposition que nous abordons nous-même dans notre conférence mystique spéciale "Maurras, AF et papauté vs la Vierge de La Salette, la France Gallicane et la Russie", on peut se reporter à l'ouvrage d'Alexandre Jevakhoff, ancien président du Cercle de la marine impériale russe et membre de l'union de la noblesse russe : p. 12, il commence par nous rappeler ces paroles du Connétable à Alain Peyrefitte début janvier 1965 :
"La décision funeste de Napoléon d'attaquer Alexandre Ier est la plus lourde erreur qu'il ait commise. C'était contraire à notre intérêt, à nos traditions, à notre génie. C'est de la guerre entre Napoléon et les Russes que date notre décadence. Il est de l'intérêt de la France d'avoir de bons rapports avec la Russie. Ca a toujours été une bonne période de notre histoire quand la France était en bonnes relations avec la Russie."
P. 41, il nous rappelle que l'influence de Charles Péguy sur De Gaulle ne doit être jamais oubliée, après nous avoir rappelé p. 32 l'avis tout à fait différent sur la Russie de Charles Maurras :
"Elles (les voix socialistes)sont rejointes par Charles Maurras. Envoyé à Athènes pour les premiers Jeux olympiques modernes, il vitupère contre "la vague fierté de certains actes de relèvement, tel que l'alliance
russe : dans Athènes, mon coeur me saigna pour le genre et le nombre de difficultés que cette espèce de protectorat tsariste nous imposait par tout l'Orient, pour les menaces, les dangers qui en résultaient". Dans son principal ouvrage Kiel et Tanger (1910), le penseur royaliste livre une analyse encore plus critique, qualifiant l'alliance russe de "leurre" et d'"illusion", la Russie n'étant selon lui qu'un satellite de l'Allemagne." (A ce sujet, voir nos différents articles en haut de cette page.)
P. 34, Jevakhoff émet même quelques réserves sur les souvenirs de l'Amiral De Gaulle (le fils). Il nous confirme en tout cas l'opposition entre les courants dits de droite à propos de la Russie et une position maurrassienne qui aboutira dans les années 30, pour lutter contre la Russie soviétique, au reniement par Maurras et l'Action Française de son anti-germanisme dont elle faisait pourtant son cheval de bataille. Il est symptomatique de voir de nos jours les personnalités et mouvements qui se prétendent de droite prolonger les mêmes aveuglements sur la Russie. En fait, cela devrait plutôt inciter à nous interroger : Maurras relevait-il bien de la droite au sens légitime, traditionnel, comme les prétendus droitards contemporains ? Ils sont les héritiers de ce qu'on pourrait appeler la DRATE d'affaires, bourgeoise, libérale, louis-philippotarde, orléaniste, celle qui faisait horreur à l'empereur Nicolas Ier et dont il voulait sauver la France au nom de la Sainte Alliance.
Turenne, Condé, au secours !
BERDIAEV MARX MAURRAS
MARITAIN BEATNIK REVOLUTION SPIRITUELLE
14/04/2025
Nos contemporains auraient grand intérêt à étudier l'histoire non pas à la seule lumière des statistiques, de l'écorce grossière, matérielle, spectaculaire des événements, de l'aspect trop visible de certaines manoeuvres et manipulations, en clair à la seule lumière des crises, des agonies, des aboutissements paroxystiques devenus inévitables ; ils auraient grand intérêt à l'étudier à la lumière des espérances portées en leur temps par nos ancêtres, sinon en totalité, du moins dans la minorité agissante ou conductrice d'entre eux. Cette espérance n'est pas conservée dans l'écorce matérielle fuyante, l'écume du réel mais bien davantage dans les souvenirs enregistrés, écrits, les correspondances, les mémoires, les poésies, les romans, les épopées, les écrits mystiques, philosophiques et réflexions historiques. Certes, en leur temps, nos aïeux pouvaient aussi enjoliver, styliser l'histoire. A nos stupides yeux contemporains, cette stylisation peut paraître une tromperie parce que nous sommes trop habitués à tromper nous-mêmes. Ce n'en était pas une à l'époque. Cette stylisation résultait de la vision des aspects mystérieux, mystériques de l'Histoire, admis par tous ; que nos aïeux les aient compris en profondeur ou qu'ils n'en aient eu qu'un sentiment confus. On peut lire à ce sujet le pertinent article de Simone Weil publié en 1943 dans les Cahiers du Sud sur l'histoire réelle de l'Occitanie médiévale, bien davantage rendue par l'esprit du très long poème dit "la chanson de la croisade contre les Albigeois".
Justement, en prenant connaissance d'un essai de Nicolas Berdiaev sur le penseur russe slavophile Khomiakov, publié en Russie en 1912 (notez la date !), quelque chose nous a sauté aux yeux dès les premières pages ; dès l'avant-propos (p. 7 de l'édition en langue française de L'Age d'Homme), Berdiaev écrit : "Seule une renaissance religieuse et nationale est capable de comprendre le slavophilisme et de l'apprécier. Je suis sûr qu'elle commence." Cette proclamation étonnante lorsqu'on connaît la suite des événements en Russie, il la poursuit (pp. 19-20) d'une manière encore plus frappante puisqu'il l'intègre dans une comparaison Russie-Occident tout aussi étonnante :
"En Occident, on est passé de l'abstraction hégélienne qui a perdu l'être (bytié) vivant à l'esprit de Feuerbach et au matérialisme : on s'est mis à chercher le substrat, ce qui est (souchtcheié), dans la matière, dans l'économie. En Russie, une voie créatrice a été tracée, la voie de la découverte de ce qui est, du substrat, de l'être vivant, dans la perception mystique, dans l'expérience religieuse... La pensée européenne errait (trop ! -nda-) dans les déserts du matérialisme, du positivisme, du criticisme abstrait pour se retrouver dans une impasse et prendre conscience du caractère inéluctable de l'expérience mystique, pour s'unir de nouveau à la religion."
Ainsi, en Russie, dans les années 1910-1912, un membre de l'élite intellectuelle, bien au jus de la nature des espoirs non seulement de certains intellectuels mais aussi d'une grande partie du peuple russe et de sa jeunesse, nous révèle l'existence à cette époque en Russie d'une première forme d'espérance de révolution d'abord spirituelle ; même si lui, intellectuel, pouvait se voir reprocher de donner une clarification erronée des désirs, des espoirs inévitablement plus confus du peuple moins instruit. Il la révèle d'autant plus à nos yeux à présent que dans les pages suivantes (pp. 19-20), il considère par comparaison l'Occident comme empêtré dans le matérialisme, les prolongations matérialistes de l'hégélianisme et d'autres idéologies. Etonnant, non, lorsqu'on pense que l'essentiel de l'argumentation de la bourgeoisie libérale européenne, surtout après les années 40, a consisté à opposer un matérialisme hégélien marxiste cantonné à l'URSS, entre autres à un spiritualisme encore vivant en Occident !
Mais les propos de Berdiaev sont d'autant plus étonnants et symptomatiques quand on lit son ouvrage publié en 1938 chez Gallimard : Les Sources et le Sens du Communisme Russe, écrit vers 1935, c'est-à-dire 20 ans après la révolution marxiste bolchevique d'octobre. Il y considère que l'impossibilité d'harmonisation des tendances révolutionnaires russes d'avant la guerre de 14 et les conditions de la première guerre mondiale sont responsables de la prise en mains de la révolution par la seule faction, marxiste, qui a gagné, avec toutes les conséquences ultérieures.
En fait, "Dans un article écrit en 1907, et publié dans son livre La crise spirituelle de l'Intelligentzia, N. Berdiaev a prévu exactement que si une véritable révolution devait se produire en Russie, les bolcheviks y auraient inévitablement la victoire."
On peut penser qu'en 1910-1912, Berdiaev croyait cependant davantage à l'improbabilité d'une telle révolution dans le mauvais sens. En tout cas, si l'on s'en tient à la croûte des choses, la Russie aurait été après 1917 le seul empire du démon et l'Occident le seul empire du Bien ; si l'on se contente de la croûte ! Or, non seulement les propos étonnants de Berdiaev mais la chute relative de l'URSS en 1991, amenée par la seule Russie elle-même, à la fois sombrant et renaissante, montrent bien que le "narratif" imposé par la bourgeoisie occidentale n'était de sa part qu'une fable de plus ; surtout lorsqu'on peut mesurer à présent l'état réel et profond de l'Occident et de sa prétendue spiritualité maintenue.
D'ailleurs, le récit même de Berdiaev sur l'évolution de la révolution russe, à cause des conditions de la première guerre mondiale, devrait nous inciter à remarquer qu'à chaque reprise où au coeur d'une nation fourmille la possibilité d'une révolution d'abord spirituelle, opportunément une guerre surgit pour étouffer dans l'oeuf, détourner cette révolution, sacrifier une jeunesse susceptible de la mettre en oeuvre. En 1910-1912, n'était-ce pas le cas en France, quelque peu parallèlement avec la Russie (alliance franco-russe !) : apparition de la Salette, Charles Péguy, Léon Bloy, Bergson, Jacques Maritain ? Au lieu de se contenter d'écouter les calembredaines habituelles sur "les années folles", nos contemporains auraient davantage intérêt à fouiller les souvenirs de l'époque. Dès les années 30 en tout cas, nouvelle fenêtre ouverte par la Providence avec la révolution spirituelle personnaliste, communautaire : Jacques Maritain, Berdiaev, Emmanuel Mounier, Le Grand Jeu, René Daumal, bientôt déjà Lanza del Vasto et le début des éditions des Sources Chrétiennes, Aldous Huxley, Martin Heidegger... Là-dessus, comme dit la chanson : c'est reparti comme en 14. Nous arrivons dans les années 50-70 avec la révolution spirituelle beatnik, majoritairement aux USA, cette fois. Bon ! vous avez saisi : le Vietnam ! On remarquera au passage que ces tendances spirituelles restaient ouvertes malgré tout au communisme marxiste, contrairement aux libéraux et autres "dratards" ; en quoi les transformations de la Russie en 1991 ne leur donnent à présent pas tort.
En 1910-1912, Berdiaev écrivait donc : "La pensée européenne errait dans les déserts du matérialisme, du positivisme..."
Le positivisme, c'est ce qu'on a beaucoup reproché à Maurras, son impossibilité à s'ouvrir à d'autres dimensions. L'AF maurrassienne s'est toujours centrée sur son royalisme positiviste et le reste, abondant, du positivisme dont elle a servi à cautionner toutes les conséquences désastreuses. Un certain intérêt de sa part pour l'histoire de France n'a jamais existé que pour donner le change ou comme fruit de chrétiens, de patriotes sincères trompés par la séduction maurrassienne mais aptes à continuer à détourner d'autres chrétiens et patriotes sincères. Nous pensons à des Georges de Nantes, des Michel Fromentoux, etc. Maurras a gâché le royalisme ; il eût mieux valu que ce royalisme continuât à s'appuyer uniquement sur un certain traditionalisme royaliste, lequel défendait d'abord l'histoire et davantage le principe de l'onction royale. La prétention de Maurras de justifier positivement la primauté de caractère raisonnable d'une gouvernance royale est très, très relative. En revanche, l'onction royale donnait un tout autre et efficient lustre à la royauté, imposant aussi à ses porteurs, tellement victimes de leurs péchés, une profonde obligation intérieure spirituelle, morale, dont leur peuple était persuadé et qui a ainsi donné au royaume des lys quelques grands rois conscients de leur mission.
Au fond, la trahison par Maurras en 1935-1938 de son anti-germanisme au profit d'une collaboration avec une certaine efficience positiviste du nazisme n'était pas si éloignée de son cautionnement des "déserts du positivisme". L'histoire repasserait-elle les mêmes plats ? Oui, souvent, tant que les peuples n'ont pas compris. C'est le cas à notre époque de cette tentation maurrassienne dans ce que l'on persévère à appeler, par commodité, la droite *. Mais si l'histoire peut repasser à profusion les mauvais plats, les impostures par exemple, elle est beaucoup plus chiche malheureusement des bons plats (on serait trop contents...), des véritables révolutions spirituelles. On a beau tendre l'oreille, la Providence semble sourde à présent, à peine audible. Tout n'est plus que dans les signes, les symboles, ce qui est déjà beaucoup.
--------------------------*Se méfier par exemple de la tendance actuelle pro-russe qui a tendance à chercher dans la Russie actuelle une nouvelle Amérique( voir article en page 3 de ce site )
( Article lié à la conférence mystique spéciale du 17 mai 2025 à renouveler "Nationalisme , Maurras, papauté, etc vs Pélerinage aux Sources, La Salette, etc .****** Mettre cet article en relation en particulier avec les articles des pages Antimondialisme Orthodoxie Illuminati et Les Grandes Batailles Spirituelles de l'Histoire du site www. la-communion-antimondialiste.fr, l'article "Maritain, Berdiaev, Mounier, la Vérité piégée entre droite et gauche", les articles "le secret de Maurras" de l'abbé Georges de Nantes)
les deux axes cruciaux de l'Histoire de la Russie chrétienne et
l'axe rhodano-provençal
17/07/2024
L'histoire de la Russie chrétienne et orthodoxe, de la IIIème Rome, est mue en profondeur par une dimension spirituelle que, sauf accident providentiel, parviennent à percevoir, du moins à pressentir les adhérents de coeur au Dépôt de la Foi, de la Révélation (voir article Projet chrétien orthodoxe page d'accueil de ce site et article sur la méthodologie de la connaissance par la Foi en page Cantique des Cantiques...). Cette Histoire intègre deux axes cruciaux de devenir et circulation historiques :
- le premier qui remonte de la Palestine par la vallée du Jourdain puis la vallée de l'Oronte, puis par les Monts du Taurus, le fleuve Hyrane ou la vallée de l'Euphrate, poursuit son chemin à travers l'Arménie et le Caucase jusqu'au continent des Scythes
- le deuxième, depuis Constantinople et la Mer Noire, remonte par Kherson et la Crimée les fleuves russes.
Force événements historiques et vies de personnages, déterminants pour l'histoire de la Russie, jalonnent ces deux axes ; pour le premier, davantage l'histoire de la Russie avant sa conversion complète ; pour le deuxième, davantage les temps entourant cette conversion au IXème siècle puis la suite des siècles jusqu'à nos jours.
Nos deux ouvrages : - Rachel, Prophétesse Chrétienne, Etendard des Scythes en Mésopotamie au IIIe s. après JC - IIIe Noeud,
tome IV
- Comme une nouvelle annoncée à l'âme plus claire que le soleil - IIIe Noeud, tome V
(voir commentaires pages Cantique des Cantiques... et page Eschatologie...)
évoquent à leur manière ces deux axes cruciaux, vitaux pour la Russie ; ils ont accueilli tous les germes pérennes de l'histoire providentielle de la Russie. La vision de Notre Dame de Kazan durant la seconde guerre mondiale relève du premier axe de la Palestine au Liban jusqu'à la Russie.
La conversion complète de la Russie par l'intermédiaire du patriarche de Constantinople St Photios relève du deuxième axe Mer Noire-fleuves russes.
Ces deux axes cruciaux ne sont pas sans une certaine parenté de germe spirituel avec l'axe rhodano-provençal de la première Rome, de la chrétienté occidentale. L'impulsion au Ve s. de St Jean Cassien avec le monastère St Victor de Marseille et celle du monastère de l'île de Lérins, St Maxime de Riez, St Faustus de Riez, St Vincent de Lérins et tous les autres fondateurs orthodoxes de la spiritualité en Occident participent de cet axe rhodano-provençal.
______________________________________________________________________________
PALESTINE MESOPOTAMIE puis UKRAINE BALTIQUE puis RHÔNE PROVENCE : relents d'Armageddon et senteurs prophétiques de retour du Christ (19/04/2025)
Les trois axes que nous avons évoqués ne sont pas propres en quelque sorte à la Russie mais rejaillissent dans toute l'histoire biblique, la création terrestre. L'année 2025 nous le fait pressentir une fois de plus. Ci-après, extrait du début, p. 9, de notre IIIe Noeud, tome V, "Comme une nouvelle annoncée à l'âme plus claire que le soleil" :
"Sous le couvert de maigres chênes rustiques, la prophétesse s'était lovée au sein d'une vasque de rochers afin de passer la nuit à la belle étoile, un symptomatique agrégat de rocailles surplombant justement une véritable image d'Orient de ces configurations célestes qui s'offraient à ce moment-là au-dessus de sa tête : en clair, la fine pointe commençante de l'entre-deux mers, l'Apadmo, ces vastes étendues accueillants les longs fleuves serpentants Tigre et Euphrate, la Méso-potamie, contrée par ailleurs aux fabuleuses richesses. Depuis le prophète Daniel, la tradition hébraïque puis la chrétienne y plaçaient la vie et la chute de l'ennemi de la Foi, l'archétype antéchristique, "l'intriguant usurpateur méprisé" (Daniel XI, 21). Antiochus Epiphane y avait d'ailleurs sombré à peine trois siècles auparavant."
Signalons à propos de la Baltique que l'axe fleuves russes-Baltique, c'est l'acheminement vers la Thulé hyperboréenne, celle qui inspira les nazis par l'intermédiaire de leurs sources occultes et dont ils escomptaient probablement quelques faveurs des puissances infernales. On notera que force rumeurs (rapportées entre autres par le site Borzzikman) font état présentement de la possibilité qu'une troisième guerre mondiale pourrait s'enclencher à partir du conflit de la Baltique.
Les (w)otaniens actuels, leurs inspirateurs, escompteraient-ils les mêmes faveurs ? René Guénon n'a pas été, dans son ouvrage Le Roi du Monde (1927), des derniers à servir de caution aux inspirateurs occultistes des nazis puisqu'il écrivait dans son chapitre X : "Mais, d'autre part, il faut distinguer la Tula atlante de la Tula hyperboréenne, et c'est cette dernière qui, en réalité, représente le centre premier et suprême pour l'ensemble du Manvantara actuel ; c'est celle qui fut l'"île sacrée" par excellence, et, ainsi que nous le disions plus haut, sa situation était littéralement polaire à l'origine." (c'est-à-dire le roi du monde).
Cette malheureuse inspiration occultiste nazie a été reprise avec grand bruit dans les années 60 par l'équipe Louis Pauwels/Jacques Bergier dans leur fameux ouvrage Le Matin des Magiciens. Certains les ont suivis sans discernement, tel Werner Gerson (alias Pierre Mariel) dans la collection L'Aventure Mystérieuse/J'ai Lu ; René Alleau, dans les mêmes enquêtes, s'est montré plus sérieux.
Carmel de Lisieux manoeuvré par le Vatican et Maurras
01/05/2024
Une certaine supplique du 3 avril 1937 à Pacelli par Robert de Boisfleury de l'AF de la part de Charles Maurras et très remarquée par Annie Lacroix-Riz, nous rappelle le rôle assez déterminant que joua dans les années 1930, entre le Vatican et l'Action Française, le carmel de Lisieux de la petite THERESE de l'ENFANT JESUS, canonisée par Pie XI en 1925. Du coup, nous avons essayé de voir si nous pouvions récupérer ici ou là quelques données. La moisson est limitée. Bien entendu, les archives du Vatican auxquelles il ne faut pas songer à accéder contiennent des copies de toutes les lettres originales afférentes à ces échanges ou ces lettres mêmes ; probablement des archives privées, dont celles de ce carmel, en possèdent-elles aussi. Hélas ! on peut se douter quels personnages, prévenus par leurs mouchards habituels, nous feraient barrer tout accès à ces archives.
L'affaire est complexe, très confuse, propice à un jeu de dupes extraordinaire. Dès 1929, Pie XI avait fait demander par le cardinal Gasparri au carmel de Lisieux des prières "chaque jour, d'un seul coeur, d'une seule âme, à Ste Thérèse" pour "la grande pitié" de la situation en France des catholiques adeptes de l'Action Française. Il ne s'agit pas (voir la demande du cardinal) de Maurras lui-même, "maître de mensonge", mais des catholiques victimes de ce dernier qu'il faut faire "rentrer dans l'obéissance".
Les prières s'élancèrent donc jusqu'en 1935 où une soeur (famille Prévot), Marie-Thérèse du Saint-Sacrement, très malade, décida d'offrir sa vie, sa maladie, pour la conversion de Charles Maurras. Ce sacrifice de substitution pouvait aussi signifier qu'elle préférât peut-être quitter cette terre plutôt que de guérir ; ce qui fut le cas peu de mois après. Là-dessus, sa soeur parente, également religieuse à Lisieux, soeur Madeleine de St Joseph, proposa à la mère prieure, Mère Agnès, de pouvoir entrer en dialogue de correspondance avec Charles Maurras dans le dessein de l'amener à se convertir, ce qui pourrait entre autres déclencher la résolution du conflit général avec les catholiques d'Action Française.
Avec l'aval du Vatican, point opposé par principe à une telle démarche de conversion mais probablement sceptique et de toute façon ne voulant la considérer que dans la finalité du sort des catholiques d'Action Française, soeur Madeleine écrivit une première fois à Maurras, évoquant entre autres le sacrifice de sa soeur. La famille Prévot connaissait bien Charles Maurras. Proche de ses idées, elle avait simplement voulu se conformer à la condamnation de 1926. Dès lors avait-elle été choquée, entre autres, qu'un de ses enfants, frère donc des deux soeurs, ait suivi la ligne Action Française et, à se yeux, se perdît.
Il est probable que l'emprisonnement à cette époque de Maurras ait joué, ainsi qu'une certaine crainte au carmel des rouges du Front Populaire (1936) et de la guerre civile espagnole. Nos bonnes soeurs pouvaient placer leurs espoirs en Maurras. Ce dernier accepta ce dialogue de correspondance. Ne pouvait-il pas s'attendre cependant à ce qui était sous-jacent à ce dialogue, c'est-à-dire un désir persistant de le convertir préalablement à la levée des sanctions. S'il ne se "sentait" point chrétien, Maurras devait-il entrer dans un jeu consistant à attendre surtout des conséquences politiques d'une conversion ou d'une conversion de sa part qu'il laisserait supposer à ses interlocuteurs ?
Le sentiment des catholiques Action Française, des maurrassiens, était celui-ci : la condamnation par le pape en 1926 était due à des malentendus, des calomnies. Elle ne pourra donc être levée que lorsque le pape comprendra son erreur. On imagine dans quel jeu de dupes extraordinaire entrait chacun des protagonistes de ce dialogue, voulant penser que l'interlocuteur adoptait ce dialogue dans le même sens que lui. Même si les deux religieuses entrèrent dans ce jeu, de par leur position, on ne peut mettre à leur charge autant qu'à la charge de Maurras et du Vatican cette duperie. Ces braves soeurs, manifestement dépassées par la situation, restèrent certainement plus proches de l'innocence et de la sincérité ; elles étaient davantage dans leur rôle. Mère Agnès envoyait sans cesse au Vatican copie des lettres échangées entre sa soeur religieuse et Charles Maurras, demandait conseil, soumettait des formules de demande, de prière, sinon de soumission, pour acceptation par le pape ou pour les proposer à Charles Maurras et, à chaque reprise, soit le pape, soit Pacelli, soit Maurras n'acceptait qu'en partie ces formules : bref, le rôle du punching ball.
Dans une première lettre, par exemple, soeur Madeleine écrit à Maurras, lui proposant de s'adresser ainsi, par lettre, à Pie XI, dans une formule de demande : "...implorer ses prières pour obtenir du bon Dieu la grâce de l'épanouissement total de la foi".
Maurras lui répond, envoyant en même temps la lettre à adresser de sa part par le carmel à Pie XI, avec la formule sur laquelle il ne reviendra pas : "...en même temps que de solliciter la modeste part que peut avoir tout homme à sa bénédiction universelle". Notons cette inversion des rôles où l'on voit un Maurras se faire plus jésuite que les jésuites et les papes et Pie XI se faire plus politique que les politiques et Maurras.
Dans une correspondance de mars 1937 à la soeur Madeleine, Maurras évoque une prophétie de Pie X à sa propre mère, petite pique probable destinée à mettre en balance favorablement Pie X par rapport à Pie XI (c'est une antienne chez les maurrassiens, Pie X ou Pie XII plutôt que Pie XI). Notre brave soeur Madeleine lui répond aussi sec que "l'Action Française triomphera" conformément aux paroles de Pie X, "lorsque Charles Maurras deviendra un apôtre de vérité" ; pour cela, "il faut prier Ste Thérèse et écrire sur une carte : Seigneur, si vous existez, faites que je vous connaisse." Brave soeur ! Paraît-il que Maurras n'était pas content.
Tout est à l'avenant, en tout cas, dans les échanges répétés de cette époque où se situent ces suppliques de Boisfleury à Pacelli, dont celle du 3 avril, parmi tant d'autres. D'autres lettres suivirent, y compris de Maurras au pape ou à Pacelli ; semble-t-il en 1938 pour permettre à Maurras d'obtenir son entrée à l'Académie Française. Peu à peu, politiquement, l'activité de l'Action Française se conjugua avec celle du Vatican puis Pie XI mourut en février 1939. On comprend qu'il était plus facile à Pie XII de récompenser l'Action Française, de revenir sur la condamnation, de lever les sanctions.
Henri Massis dans son ouvrage : Maurras et notre temps (1951, La Palatine ed., p. 99-103, tome II) cite une lettre de Maurras à Pie XI du 10 mai 1937, dite lettre de fête. On voit qu'il y évoque cette "belle croisade contre le communisme" pour laquelle il faut à leurs yeux se regrouper, "ces forces de l'ordre" objets de la supplique précédente à Pacelli, du 3 avril.
N-D de KAZAN, STALINE, la RUSSIE N-D de LA SALETTE, LEON BLOY
11/06/2024
En 1917, dans son ultime écrit, Dans les Ténèbres, repris par Jérôme Millon en 2014, le coeur de Léon Bloy n'en peut plus de déplorer : "Il en est une autre dont peu de chrétiens paraissent avoir le souci. C'est la commémoration des larmes de Marie, quand elle pleura sur la montagne de la Salette, le 19 septembre 1846. L'Eglise elle-même a l'air d'avoir oublié cet événement inouï. Le missel romain a, le 11 février, un messe commémorative de l'Apparition de Lourdes, laquelle semblait consolante, n'accusant ni ne menaçant personne. L'Apparition de la Salette, antérieure de douze ans, n'a rien obtenu. Le miel de la dévotion moderne y rencontrait trop d'amertume, et la Sainte Vierge, annonçant les malheurs terribles que nous commençons seulement à subir, en donnait pour cause flagrante l'indignité criminelle des personnes consacrées à Dieu. Cela ne pouvait pas être supporté. Le pharisaïsme protesta et un silence impénétrable fut établi." (pp. 101-102)
"A la Salette même, à l'endroit précis où la Mère de Dieu a parlé, il ne se passe pas un jour où Elle ne reçoive un démenti formel de la bouche d'un des chapelains de la Basilique chargé par ses supérieurs de débiter aux pèlerins le récit de l'Apparition, en ayant soin de les mettre en garde contre le Message lui-même qu'ils suppriment, le dénonçant comme une imposture !..." (p. 104)
Henri Massis, en 1951, dans le même ouvrage : Maurras et notre Temps que celui examiné dans les articles précédents, fera dépendre un certain nombre de Français de deux lignées : celle de Maurice Barrès, celle de Léon Bloy et il explique en partie l'attitude de Jacques Maritain par le fait d'avoir été disciple de Léon Bloy alors que lui-même l'était de Maurice Barrès.
Le site CHRISTIAN WAY du 6 juin 2024, dans une vidéo "Miracle en Russie", évoque le tournant de la guerre 1940 provoqué par l'attaque de l'Allemagne nazie contre le Russie soviétique, rompant l'accord de non-agression et donnant des sueurs froides à Staline, l'obligeant à une retraite dans le silence jusqu'à ce que, quelques jours après, une lettre, une démarche lui soit transmise de la part d'un métropolite libanais orthodoxe Elijah. Le Père Elijah s'était retiré, à l'annonce de l'attaque allemande, durant trois jours et trois nuits dans la crypte de sa cathédrale. Il y fut gratifié d'une vision de Notre Dame de Kazan qui lui communiqua les instructions à transmettre au chef de l'URSS : rétablir toutes les règles, coutumes et institutions orthodoxes en Russie, entre autres organiser des processions d'imploration, avec l'icône de Notre Dame de Kazan, dans toutes les grandes villes assiégées, en collaboration avec le parti athée. Staline s'y conformera et adressera à la nation russe, le 3 juillet 1941, son fameux discours : "Frères et soeurs,..." qui a étonné le monde. Quelques mois plus tard s'ensuivra la victoire de Stalingrad, vrai tournant de la guerre de 40. En 1947, le Père Elijah reçut l'une des plus honorifiques distinctions de l'URSS, le prix Staline dont il a demandé qu'il soit consacré aux orphelins de guerre russes.
Que Notre Dame de Kazan aide la France à retrouver le message de Notre Dame de la Salette, au lieu de suivre celui de " notre drame synarchique" !...
***
LE REFUS DES PROPOSITIONS d'ALLIANCE de l'URSS dans les années 1930 ** DECLENCHEUR de la GUERRE
STALIN'S GAMBLE - STALIN'S FAILED ALLIANCE - STALIN'S GREAT GAME
.12/1/2026
Jackson Hinkle a invité sur sa chaîne (Legitimate Targets...) l'universitaire MICHAEL JABARA CARLEY de TORONTO pour son imposante trilogie sur STALINE où il fait en particulier apparaître que ce refus des propositions soviétiques remises sans cesse avec persévérance jusqu'à l'été 1939 a abouti à ce qu'il ne soit plus possible de tenir en laisse l'Allemagne nazie. Les castes élitistes françaises et britanniques n'étaient pas favorables à l'URSS dans leur majorité ; Carley signale De Gaulle, Churchill, plus enclins à faire de telles alliances dans les années 30. A la dernière question de Jackson Hinkle sur l'importance des intérêts de Wall Street ayant favorisé Hitler, Carley, qui n'en nie pas l'importance, voit surtout comme premier facteur influençant les rapports Russie/Occident une détestation, une haine obsessionnelle de l'URSS, du communisme dans la bourgeoisie occidentale ; une peur des conséquences sociales du contrôle du capitalisme, une sympathie extraordinaire pour le fascisme, avant même une réflexion raisonnée de cette bourgeoisie sur ses propres intérêts( Carley nous signale qu'une telle réflexion relève de l'école réaliste préconisée par John Mearscheimer). Carley voit la guerre froide comme ayant débuté dès 1917 avec l'assaut d'une coalition de puissances occidentales capitalistes contre le régime soviétique naissant. Aussi peut-on faire des analogie avec cette guerre froide Russie/Occident dans les années 30 avec la guerre froide après la seconde guerre mondiale jusqu'à nos jours. De fait, on retrouve dans les deux cas le même désir soviétique et russe de s'accorder avec l'Occident rejeté souvent très sournoisement par l'Occident.
**
Jeff Rich, sur son site The Burning Archive, reçoit également dans toute une série d'entretiens Michael Jabara Carley.
Ce dernier(dans une vidéo un peu à part, Munich 1938 Betrayal) lit le compte-rendu envoyé à Moscou par l'ambassadeur soviétique à Londres sur les capacités et la personnalité de Neville Chamberlain nommé premier ministre : un chef d'oeuvre de portrait psychologique et politique concluant sur la médiocrité totale du personnage et de la classe politique britannique de l'époque, hostile à la Russie soviétique et dont il ne fallait rien attendre, pas davantage que des Français. Cela nous a rappelé l'ouvrage de notre ami Philippe Prévost de l'Action Française : Le temps des compromis - mai-décembre 1940 (nous avions organisé un débat autour de cet ouvrage et d'autres en 2008 à St-Maximin la Ste-Baume, dans le Var), où il analysait sur documents les tentatives de négociation entre Français, Anglais et Allemands après le déclenchement de la guerre et entre autres par l'intermédiaire de la Suède ; le tout de la part du clan Chamberlain, avant que Churchill ne prenne totalement en mains le gouvernement britannique. C'était le "plan Mowinckel". Philippe Prévost défend les positions de l'Action Française, c'est-à-dire de l'alliance avec les nazis contre l'URSS définitivement acceptée par Maurras en 1937 mais que son anti-germanisme viscéral rejetait dans les années 20-30 et pour lequel la papauté a condamné l'Action Française en décembre 1926. Il n'est pas sûr que Philippe Prévost connaisse les travaux d'investigation d'ARCHIVES(françaises, britanniques, soviétiques, etc.) considérables sur lesquels Michael Jabara Carley, de l'université de Toronto, appuie ses affirmations ; comme pour l'historienne Annie Lacroix-Riz, les ARCHIVES vont toutes dans le même sens : le public occidental a été trompé par ses "élites". Chamberlain faisait partie, évidemment, de la classe majoritaire britannique fascinée par le nazisme. On sait ce qu'il en a été en France, par exemple avec l'AF.
***
Nous conseillons à nos lecteurs de se reporter à l'article "Maritain-Berdiaev-Mounier, la vérité piégée entre droite et gauche" et les articles suivants sur Fatima à la page 4, Les Grandes Batailles Spirituelles de l'Histoire du site www.la-communion-antimondialiste.fr pour prendre connaissance des débats internes au coeur des élites catholiques françaises en compagnie des élites orthodoxes exilées pour constater qu'existait malgré tout des élites catholiques dont Jacques et Raïssa Maritain étaient l'exemple, tâchant de comprendre l'esprit et les espérances de l'URSS, du communisme. La primauté, question influence, de l'importance de ces débats, c'est à dire des facteurs spirituels, moraux, psychologiques, de mentalité que notre article de la page 4 montre( à partir de la consultation des CORRESPONDANCES), la remarque de Michaël Carley, où il se dit frappé par l'importance( d'après la consultation des ARCHIVES) de la détestation de la Russie soviétique et la sympathie pour le fascisme, la confirme. Lorsque des peuples se laissent mener par des tyrans qui ne peuvent, par principe, que les tromper puisqu'ils sont devenus les instruments du Mal, il est évident que tout ce qui tourne autour de la SEDUCTION est le premier moteur, entre autres sous la forme de l'AMOUR des peuples pour leur SERVITUDE (cf Aldous Huxley). Scott Ritter le sent bien lorsqu'à certaines questions sur la passivité du peuple américain, il se lamente désespérément d'abord sur son ignorance mais encore sur sa "stupidité". Ajoutons malheureusement que ce n'est par réservé à la bourgeoisie et au peuple américains.
On ne peut que constater la persistance à notre époque de la même configuration de séparation entre une bourgeoisie occidentale, de droite et de gauche, adepte de la même haine de la Russie, de l'Orthodoxie, du communisme et d'une certaine remise en cause de l'ordre social, une bourgeoisie "suiviste" des mots d'ordre de Charles Maurras et d'une certaine gentry de la classe britannique et ceux qui suivent d'autres lumières, d'autres espérances.
15/01/2026
Jeff Rich, sur son site Burning Archive, nous propose une série d'entretiens avec Michael Jabara Carley sur sa monumentale trilogie sur Staline
**sur Le Pari de Staline : une vidéo intitulée "Stalin's Gamble"
**sur L'Echec de l'Alliance : une vidéo intitulée "Britain's failure not USSR"
**sur Le Grand Jeu de Staline : trois vidéos : 1/ Stalin's Great Game, part one 2/ Is Stalin to blame for WW2 ?
3/ Operation Barbarossa - Operation Unthinkable (impensable)
Les autres vidéos nous confirment la première visionnée(Munich 1938 Betrayal) et ce que nous en avons déjà dit. La 4ème vidéo nous expose les "dark triplets" ou "dark triad" (selon le reportage d'un journaliste en France en 1936), responsables pour Carley de l'échec prévisible des propositions de paix de l'Union Soviétique : antisémitisme, anticommunisme, pro-fascisme ; trois atmosphères responsables, pour Carley, dans les pays et bourgeoisies occidentales, en particulier en France.
Carley nous cite dans l'entretien (4ème vidéo), d'après les archives, un document rapportant l'ordre de Daladier à l'ambassadeur de France à Moscou d'encourager les Finlandais à refuser les propositions de paix soviétiques au moment de la guerre russo-finlandaise. Cette négociation se situe donc à la fin de l'hiver 39-40, alors que les Finlandais, victorieux dans un premier temps, reculent de plus en plus. On se situe donc dans les semaines précédant la période étudiée par Philippe Prévost dans son ouvrage Le Temps des Compromis mai-décembre 1940. C'eût été une occasion opportune pour cet historien de faire ressortir, par rapport à l'attitude des Anglais et des Français désireux d'une négociation de paix avec Hitler, leur refus de négocier avec l'Union Soviétique ou en tout cas de favoriser de telles négociations pour le peuple finlandais en mauvaise posture... Il confirme ainsi, d'une certaine manière, ce que déplore Carley.
Ce dernier nous cite aussi un document français de janvier 39 où les autorités françaises se félicitent des accords de Munich parce qu'elles considèrent que pour la France, l'ennemi est le Juif et son allié le Russe et qu'il est préférable de s'allier avec Hitler.
Dans la première vidéo, Carley précise que la France était envisagée comme le pivot, pour Staline, de cette alliance antinazie.
Il cite Charles De Gaulle, Edouard Herriot puis les ministres Boncour et Barthou comme favorables à cette alliance que leur successeur Laval fera capoter. Il cite une très belle lettre de Charles De Gaulle à sa mère de 1936, laquelle lui demandait son avis sur cette proposition d'alliance soviétique. De Gaulle lui rappelle l'alliance qu'avait faite François Ier avec Soliman le Magnifique. Il s'y montre très favorable, estime que c'est la seule solution de secours en cas d'attaque de l'Allemagne, ne comptant pas sur l'aide de l'Angleterre et encore moins sur celle de Mussolini "qui pourrait même en profiter"...
Travail remarquable de Michael Jabara Carley et de Jeff Rich sur son site Burning Archive.
Sur diverses erreurs de Staline (entre autres concernant l'attaque de l'Allemagne) voir aussi une vidéo The Burning Archive "Russia' s disastrous mistake". Sur tous ces sujets rappelons aussi les ouvrages assez apparentés et les conférences en français d'Annie Lacroix-Riz que nous avons signalés ici et là sur nos deux sites, entre autres sur cette page juste au-dessus, un signalement à côté d'un article concernant un ouvrage d'Alexandre Jevakhoff.
TECHNO-FEODALISME CAPITALISTE SUPREMACISTE CHRETIEN BLANC
27/01/2026
Ce techno-féodalisme capitaliste est la dernière version américaine, le dernier kaléidoscope de métamorphose à la fois d'un capitalisme et d'un occultisme protestant impérial, d'un mondialisme papiste, le tout assaisonné d'influences maurrassiennes attardées. Au vu d'un certain nombre de renseignements picorés à droite à gauche dans de mauvaises traductions, il semblerait qu'à présent, aux USA, le christianisme, protestant évangélique comme catholique, avec des nuances probablement entre ces courants, et les différents courants politiques aboutissent à une séparation politico-religieuse entre deux tendances désormais bien distinctes sinon opposées : l'esprit du Mayflower et l'esprit de la Constitution. L'esprit du Mayflower serait celui d'une espérance assez judaïsante, d'une promesse de Terre Promise en des terres inconnues au XVIIe s. pour des élus de race nordique très marquée. L'esprit de la constitution serait celui d'un protestantisme marqué par le libéralisme, les lumières du XVIIIe s. Dans l'histoire américaine, ces deux tendances, pendant longtemps, n'ont pas été vraiment distinctes. La distinction a commencé à opérer dans la deuxième moitié du XIXe s. où une idéologie suprémaciste, raciste, est née, s'est répandue, y compris dans les Etats du nord, nonobstant la guerre de sécession. On sait que cette idéologie a frappé le nazisme allemand qui s'en est largement inspiré.
Il semblerait qu'après les années 70, malgré les droits civiques accordés aux populations noires, et par réaction certainement aussi à la montée en puissance des "latinos", l'idéologie suprémaciste se soit elle-même organisée en mouvement idéologique et politique, au même moment où montait la technocratie capitaliste, le cosmisme transhumaniste assaisonnés d'occultisme. Ce dernier, pour envahir et prendre le pouvoir, devait déjà logiquement trouver plus commode de manipuler le complexe de sentiments et d'émotions lié à l'esprit du Mayflower plutôt que l'esprit de la constitution et son rigorisme de règle. D'autres influences pouvaient intervenir : le protestantisme des élus du Mayflower relevait des courants les plus radicaux du protestantisme, de la théologie prédestinatienne, élitiste, arrogante pour les "prédestinés à l'enfer", d'Augustin d'Hippone ; des élus de races nordiques qui avaient déjà été élevés au lait de l'arrogance puritaine de l'arianisme du IVe s. contre lequel étaient forcés de lutter les tribus et l'Empire romain évangélisés par l'Orthodoxie chrétienne.
L'esprit de la technocratie et de l'occultisme relève du même élitisme. On dit que l'esprit du Mayflower est aussi prénommé "manifest destiny" ; c'est aussi une corruption de l'esprit de l'élection des Hébreux à la Terre Promise, tel que le transmet l'Ancien Testament. Le "Make America Great Again", "MAGA", est ainsi le retour à la fidélité au Mayflower. On nous dit que dans ce MAGA, on conteste par exemple la distinction de l'Eglise et de l'Etat ou plutôt de ce que le MAGA entend par là. Il y est question d'une théologie des "sept montagnes", c'est-à-dire des sept domaines politiques et autres de l'activité humaine qui doivent suivre les préceptes religieux. On voit que tout cela est une confusion réductrice, vulgaire, puérile, à la Walt Disney, par exemple des sept arts libéraux du Moyen Âge chrétien ou de ce que l'on appelle parfois la synergie, l'intégration coopératrice entre l'Eglise et la royauté ; laquelle intégration n'était ni une distinction ni une non-distinction au sens où l'on entend ces mots à présent. Hélas pour ce puritanisme ! si les excès du papisme n'avaient plus rien à voir avec le christianisme, il en était de même de force réactions dites protestantes.
On remarquera, pour finir, qu'il n'est pas étonnant non plus que toute une fausse résistance au mondialisme, européenne, française, dite chrétienne, qui se méprend elle-même sur son passé chrétien, qui à cause de cela a été sensible, est toujours sensible au chant des sirènes du nazisme, le soit à celui du MAGA dont on voit les liens de ressemblance avec l'hitlérisme et l'histoire chrétienne de l'Europe. Ajoutons aussi que les beatniks américains que nous avons pu rencontrer en France dans notre jeunesse, et pour lesquels il allait évidemment de soi qu'on ne pouvait être contre le capitalisme et pour une vie écologique, harmonieuse, spirituelle, chrétienne, bouddhiste sans rejeter machinisme et technocratie prométhéennes, que ces beatniks reflétaient une connaissance solide de la théologie chrétienne dans le fil d'une certaine orthodoxie et pas dans celui de ce magma informe de manifest destiny. Ils avaient eu de bons maîtres. Il y a bien eu un profond changement aux USA mêmes.







